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28 mars 2011

Carlo, le chien de ma tante Irène

Fin des années 40. J'ai entre 4 et 6 ans. On habite à 3 maisons de  la maison de mon grand-père. Ma tante y habite avec sa famille pour prendre soin de sa mère.

Ma tante possède un chien. Un croisement entre un collie et quelques autres races. C'était un chien très intelligent, du moins pour l'enfant que j'étais.

Dans la maison, sur les planchers, il y a des carpettes et des tapis. Pour simplifier le ménage, le chien n'a pas le droit de passer sur les tapis. Il doit toujours marcher sur le parquet de bois. Si, dans une pièce, le tapis couvre tout le plancher, le chien n'y entre pas. Je ne l'ai jamais vu marcher ailleurs que sur le bois ou sur le linoléum de la cuisine. Il était bien dressé.

À quelques coins de rue de la maison, il y a le "dépanneur". À ce moment, le mot n'existait pas encore. C'était une petite épicerie de quartier qui vendait de tout, les journaux, les bonbons "à la cenne", les conserves, le pain, etc. Un vrai dépanneur.

Lorsque ma tante avait besoin de quelques chose, le journal, 2 tomates ou une salade, elle téléphonait et envoyait le chien.

Le chien, Carlo, connaissait la routine. Ma tante lui disait: "Va chez Chevalier" et le chien s'y rendait. Les produits étaient mis dans un sac en papier brun et on lui mettait dans la gueule. Il revenait à la maison avec les courses.

Hélas, il ne savait pas se servir de la carte de guichet ou de son NIP. Ça n'avait pas encore été inventé. Alors, on "marquait" et ma tante passait payer une fois la semaine. Dans le temps, on n'était pas un numéro. On était quelqu'un, ... avec un chien.

15 nov. 2010

Le bureau de poste

Fin des années quarante. J'ai trois ou quatre ans.  Mon grand-père est maître de poste et mon père est son adjoint.

Lorsque ma mère doit aller faire des courses, elle me dépose au bureau de poste et toutes les employées s'occupent de moi. Je me souviens de Mlle O'Farrell, une "vieille fille" qui m'aimait bien.

Au bureau de poste j'ai appris à oblitérer les lettres avec un petit marteau et un tampon d'encre. Plus tard, les machines sont arrivées et j'ai appris à placer les lettres dans la machine. C'est sans doute la raison qui a fait que j'ai été très bon avec les cartes perforées de l'informatique. ( C'était bien avant les disquettes ou les CD ).

Un jour, les calculatrices mécaniques sont arrivées dans le bureau.  Je revois encore mon grand-père qui était habitué à faire les sommes des chiffres des bordereaux.

Il pouvait additionner 8 colonnes de chiffres, sans erreur. Un jour, il est à coté de la secrétaire qui saisit les chiffres à la calculatrice. Il regarde défiler les nombres par dessus son épaule. Lorsqu'elle faite le total, il lui dit: "Recommences, tu as fait une erreur". Ce qu'elle fit. Il avait raison.

Mon père était un peu déficient. Il ne faisait que 6 colonnes. Quant à moi, j'utilise la calculette pour deux nombres plus grands que 5 !!!

16 août 2010

Mercredi, 17 septembre 1952, ma vie a changé

J'aurai 8 ans en décembre et je me souviens de cette journée. Pourquoi ? La télé est arrivée dans ma vie.

En fait, la télé est arrivée dans ma vie en 1949. Nous allions à Hampton Beach, New Hampshire pour les vacances. Quelques semaines dans cette station du bord de la mer. L'eau est froide, mais on est jeune et on ne le sait pas.

Nos voisins ont une télé, noir et blanc, un tube rond de 15 ou 16 pouces de diamètre. Le dimanche soir, on regarde une émission, Toast of the Town, animée par Ed Sullivan. Quelques années plus tard, son émission fut renommée The Ed Sullivan Show.

Chaque été, on retournait à Hampton Beach et on pouvait regarder la télé, ce qui était inconnu chez nous à Sorel.

Et le 6 septembre 1952, Radio-Canada a commencé à diffuser, des émissions bilingues, de quatre à cinq heures chaque soir.  Notre voisin vend des télés et il y en a une dans sa vitrine. Tout le monde se rassemble tous les soirs pour regarder ce nouveau médium.



Et le mercredi, 17 septembre, l'appareil Marconi, 21 pouces est entré dans la maison chez nous. Je me souviens que c'était un mercredi car, à Sorel, pour capter le signal, il fallait une antenne sur le toit. Et l'équipe qui installait l'antenne exigeait de regarder une émission après l'installation.

Le mercredi, à 20:00, l'émission qui attirait tout le monde, même ma grand-mère, c'était "La Lutte", avec Michel Normandin comme commentateur.

C'est la première révolution culturelle au Québec. On regardait tout, La lutte, le hockey, Les Plouffe, Point de Mire, 14 rue de Galais, les télé-théatres en direct, Bobino et Pépinot et Capucine.

L'appareil Marconi fabriqué à Ville Mont-Royal était d'excellente qualité. Lorsque je me suis marié, je l'ai eu quelques années comme seul appareil. En fait, je m'en suis défait lors d'un déménagement en 1974. 22 ans pour un appareil. Essayez ça avec vos écrans Plasma!