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1 sept. 2010

Dormir à vélo

Beaucoup de gens font du vélo, mais la plupart ne savent pas qu'on peut allonger nos heures sur la petite reine en dormant sur le vélo.

Mon fils a participé à la randonnée Boston-Montréal-Boston, 1200 km non-stop. On quitte le jeudi matin et on doit compléter le parcours le dimanche après-midi. On peut se défoncer à vélo, et prendre des pauses. On peut aussi rouler en continu et espérer ne pas défaillir. Ou rouler et faire des bouts en someillant.

Il est préférable de le faire la nuit, sur des petites routes non passantes. On roule sur la ligne du centre et on maintien une cadence instinctive. Et le corps se met à someiller. Si on perçoit un voiture ( plutôt un gros camion à ces heures ), on peut s'éveiller et se tasser pour reprendre plus loin.


Pourquoi au centre de la route?  Si on se réveille brusquement, il y a de la place pour se redresser. Si on se tient au coté de la route, il y a une chance sur deux de se retrouver dans le fossé. À ne pas faire en milieu de nuit.

Maintenant que vous connaissez la technique, pratiquez-vous. Vous pourrez ainsi pratiquer le vélo de nuit.


Cette technique s'applique au sommeil "conscient". Il m'est arrivé de m'endormir, en plein jour, emporté par la beauté d'un paysage. Et les conséquences peuvent être facheuses.

1997. Je suis en Provence et les paysages sont fantastiques. C'est un pur bonheur. Les petites routes sinueuses nous amènent vers le sommet d'une petite montagne. C'est tellement beau qu'on perd ses esprits. À mon habitude, je roule à la droite de la chaussée, près de la bordure. Il y a un peur de verdure sur le coté.

Émerveillé par le paysage, je suis dans ma bulle et hop, je me retrouve dans le caniveau qui au haut de la montagne était directement juxtaposé à la route. Et le caniveau est un couloir de briques, environ 1 mêtre de profond. Méchant saut. Et ma jambe frôle ce mur de brique. Mon cuissard se déchire, mon guidon se déplace. Aucun autre dommage sur le vélo. Une cuisse ensanglantée, un cuissard foutu.

Petit nettoyage, ajustement du vélo et, à l'arrivée, session de piscine chlorée pour apaiser la douleur.

Disons que depuis ce temps, quand je ne connais pas la route, je ne roule plus sur le fil de la route.

J'ai aussi un ami, D, qui a déjà eu au moins deux épisodes de sommeil à vélo. Il roule et puis s'endort. Et il se plante. Habituellement sans conséquences, mais quelques égratignures, tant sur son orps que sur son vélo.

La morale est que si on veut dormir à vélo, on peut le faire si on y est bien entrainé. Comme on le dit à la télé, "Ne tentez pas cette manouevre chez vous. C'est dangeureux. Laisser cette pratique à des professionnels"

9 juin 2010

Avoir l’air con à Connaux

En 1997, nous avons fait un voyage à vélo en Provence avec les voyages du Tour de l'Île.

Tous les jours, après un copieux petit déjeuner, on se lance sur les routes et, avec des cartes, on se perd vers notre destination de fin de journée, là où se retrouveront nos bagages.

Le midi, on trouve un endroit pour casser la croute, soit un bistro, un marché ou une boulangerie où on achète ce qu'il faut pour se faire un casse-croute.

Ce jour là, à Connaux, petit village s'il en est un, il y a une superbe fontaine au centre du village et une boulangerie-patisserie. Point. Comme le prochain village connu est à une vingtaine de kilomètre, on entre dans la boulangerie pour acheter quelque chose.



Une vieille dame est au service. Il y a déjà quelques autres cyclistes et nous sommes dans un autre pays. Le serbo-croate aurait été aussi utile. La dame a un "accengue différengue" et elle ne comprend rien de ce qu'on lui demande, pas plus qu'on ne comprend ses réponses. Il y a de plus en plus d'animation au comptoir et le nombre de cyclistes augmente.

Une autre dame s'amène, avec un aussi fort accent, mais elle semble mieux comprendre et elle sert tout le monde avec un sourire et une amabilité à nous rendre heureux.

Pendant que j'attendais mon tour, je regarde sur le mur derrière moi et il y a une copie de journal affiché. On y lit" Ils rapportent de nouvelles saveurs du Québec". L'article nous rapporte que ce couple est allé passer cinq ans à Québec avnt de revenir au village.

Je regarde la dame, lui montre l'article et avec son bel accent québécois, teinté de provençal, elle me dit que son mari a été chef à la Garnison de Québec et qu'elle a ét serveuse à la Table de Serge Bruyère, à Québec. Pendant cinq ans.

Elle était très heureuse de revoir des Québecois. Son mari est venu nous saluer. S'il avait connu notre présence dans les environs avant, il serait venu rouler avec nous.


Leur fille, après toutes ses années à Québec, comprenait mal l'accent de sa mamie et des autres enfants à son retour. Il lui a fallu s'acclimater. Elle est maintenant guérie.

Ce fut une belle rencontre qui nous a fait chaud au coeur et qui, je crois, leur a fait un énorme plaisir à eux aussi.

Comme quoi, le monde est petit, et je ne parle pas de mon physique.