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9 août 2010

Elle a 5 ans

Encore beaucoup d'émotions. Ma petite fille a eu 5 ans dimanche. Ce fut une journée très spéciale, sans mamie.

La petite est enjouée et allumée. Elle a choisi le menu de son souper d'anniversaire. Elle a reçu ses cadeaux avec enthousiasme.

Puis, ce fut le moment d'émotions: ma fille a sorti la lettre écrite par Denise pour cette occasion.  Denise a préparé une lettre pour chacun des anniversaires à venir pour les deux petites. Il y a même des lettres pour leur mariage. Je l'avais vu les préparer, mais la lecture a été assez spéciale et pleine d'émotion.

Et la plus grande (7 ans) demande pourquoi maman, papi, oncle T. et C. ont les larmes aux yeux.

Espérons que ce sera plus facile en mars lors du prochain anniversaire ( 21 mars ).  Mais ce sera aussi tout près de l'anniversaIre de son départ (30 mars).

Encore des émotions en perspective.

12 juil. 2010

Nostalgie récente

Aujourd'hui, on ne remontera pas trop loin dans ma mémoire. Juste à la fin de semaine dernière, 10 et 11 juillet 2010. C'était le Cyclo-Défi contre le cancer, Montréal - Québec à vélo. Dimanche, on a formé le "Train Bleu" pour entrer à Québec.



Rien d'autre à dire que merci. Merci aux donateurs. Notre équipe a fini 12 ème avec des dons de 69 333 $. Merci aux 26 membres de l'équipe qui ont roulé près de 280 km, la plupart dans un beau peloton de solidarité, à 30 km/hre.

Merci aussi aux "illégaux" qui ont fait des portions de parcours pour nous encourager. Surtout le dimanche alors qu'il a fait très chaud.  On a roulé dans "le salon" toute la journée, tirés par François, Harold, Gaétan et l'autre François ( lequel est lequel, trouvez qui ).

Bel accueil à l'arrivée de Trois-Rivières et à l'arrivée de Ste-Foy. Beaucoup d'émotions. On a tous pensé à Denise qui a perdu son combat contre le cancer.Et on a pensé à ceux et celles qui seront éventuellement guéris par les recherches qu'on pourra financer.



Il a fait très chaud dimanche, mais en groupe, c'était plus facile à supporter. Et il y avait toujours quelqu'un pour te passer un bidon d'eau fraiche entre les relais.  Belle et bonne fatigue à l'arrivée, mais rien de majeur. Parfait pour revenir en voiture au point de départ.

Montréal - Québec à vélo. On aurait pu le faire en voiture, ce qu'on a fait au retour. Il faut être un peu fou pour le faire à vélo, surtout avec une pareille chaleur. Mais c'est peu de souffrances par rapport à la chimiothérapie de Denise ou de sa radiothérapie.

On l'a fait en groupe pour Denise et pour la recherche. On l'a fait aussi pour nous, pour se dépasser et montrer qu'on est vivant et encore en forme malgré tout.

La vie est belle entouré d'amis qui partagent notre passion. On a bien roulé, bien ri, bien mangé, bien bu ( eau, bière, vin ). La vie est encore belle malgré tout.

Merci encore à vous tous qui m'avez accompagné dans mon projet. Il y en aura un autre, pour une autre cause, l'an prochain.

3 juin 2010

Je me sens comme une bille "bleue"

Depuis le décès de Denise, ma vie a pris un autre parcours, totalement inconnu pour moi. Je suis bien entouré par la famille et un tas d'amis, mais il reste que parfois, je suis bien seul.


Je me sens comme dans le jeu de billes pour enfants chez IKEA. Je suis la personne entourée de billes. Depuis la maladie et le décès de Denise, certaines billes se sont éloignées, d'autres se sont rapprochées. Au début, je n'étais pas à ma place, prenant toute la place dans l'enclos. Je ne voyais que moi et ma peine.


Je me sens maintenant plus semblable aux autres billes, encore trop important, mais moins qu'auparavant. Et les billes autour de moi changent, certaines se rapprochent, d'autres s'éloignent lentement et de nouvelles billes de couleur différentes s'ajoutent dans le bac.


Quand je serai de la même taille que les autres, je devrais être guéri de mon deuil. J'ai bien hâte.


Comme je suis un cycliste, je vis mon deuil comme dans un peloton. On est plusieurs, on chemine ensemble, mais c'est quand même moi, seul, qui pédale sur mon vélo.

28 mai 2010

Ma compagnie d’assurance veut que je me trouve une femme

Suite au décès de Denise, mon courtier d'assurance m'a téléphoné pour ajuster les données de mon dossier d'assurance pour la maison et la voiture.

Je suis assuré avec le même courtier depuis plus de vingt cinq ans et il semble que tous mes renseignements ne sont pas à jour. Alors, on passe au travers du questionnaire pour la maison, valeur de reconstruction, valeur du contenu, responsabilité civile, etc. Tout est ajusté et finalement, ma couverture est correcte et ma prime est à peu près la même.

On passe à la voiture. Encore là, aucun changement dans la couverture. Mais...

Comme il n'y a plus de conducteur féminin dans la maison, ma prime augmentera de 60 $ par année. Ça doit s'expliquer par les indications vocales automatiques de la passgère féminine: "Attention au Stop, fais attention au piéton, ne suis pas de trop près, est-tu trop fatigué pour conduire ? ...." et toutes ces autres indications vocales venant du siège du passager, ou plutôt de la passagère.

Alors, si j'ai une autre femme dans ma vie, je sauverai 60 $ par année !!!

26 mai 2010

La retraite à 45 ans

À partir de soixante ans, Denise trouvait qu’il y avait encore tant de choses à faire. Mais les petits soucis de santé nous empêchaient de tout réaliser ce que nous avions au programme.

Aussi, elle se disait qu’on aurait du prendre notre retraite à quarante-cinq ans, pour une période de quinze ans. On ferait un retour au travail à soixante ans, en pleine possession de nos moyens, physiques et mentaux, avec une expérience de vie améliorée.

Pendant ces années, on en aurait profité pour faire des voyages d’aventure, faire plus de sport sur semaine et plus à fond ( ski, raquette, patin, vélo, voile, kayak ).

L’employeur gagne des employés qui n’ont plus à se préoccuper des maladies des enfants, des problèmes d’école, du SPM, de la compétition hierarchique. Du personnel à son affaire, pas stressé. Le bonheur

L’employé a moins de stress, peut commander un salaire moindre, ses objectifs de retraite étant diminués. Son expérience, sa « zénitude » face à la vie le rend plus productif et aussi moins prompt à prendre de mauvaises décisions. Il a vu pleuvoir et il a une expérience de vie enrichie.

Comme la retraite « active » est déjà accomplie, il n’y a plus de date précise pour l’arrêt de travail. L’employé reste au travail tant que sa santé et sa volonté le lui permettent.

Tous ces "retraités en forme" qui consomment font tourner l'économie locale et internationale. Avec un tel système, les hôpitaux pourraient se vider. Il y aurait sans doute plus de bras et de jambes cassées, mais moins de maladies de coeur, d'Alzeihmer( Ils vont aller se perdre dans la nature ). Je ne sais pas pour le cancer, mais il vaut mieux en profiter avant qu'il nous attrape.

La façon de financer un tel projet est laissée à l’imagination du lecteur.

Pourquoi ces textes

J’ai été marié pendant près de quarante quatre ans. Après quelques rencontres adolescentes, Denise fut mon unique compagne de vie pendant plus de quarante cinq ans. Ce n’est déjà pas très banal aujourd’hui. Pour plusieurs, c’est une vie « platte », et c’est possiblement vrai. Mais dans cette vie « platte », il y eut de nombreux beaux moments, et des moments à retenir. J’ai donc voulu noter ceux qui reviennent à ma mémoire alors que je vis le deuil de ma compagne de toujours.

Et quand je me relis, j’ai souvent un sourire, une boule d’émotions, ou à l’occasion, je me trouve « niaiseux ». Ces dernières, vous ne les verrez probablement pas, mais qui sait. Et quand je me compare, je me console. Si la mienne est « platte », j’en connais des pires. Et des meilleures. Mais c’est la mienne et je ne peux rien y changer, du moins dans le passé. Et je suis certain que ma mémoire embellit certains souvenirs. Et j’aime ça.

Ces textes ne suivent aucun ordre, ni chronologique, ni sentimental. En songeant à ma vie, des flashes me sont revenus et j’en ai noté le titre. Ensuite, j’ai mis la viande autour de l’os.
Je ne suis pas écrivain mais ingénieur informaticien. Esprit rationnel, mais sentimental quand même. Mon ton est humoriste, sarcastique, cynique, selon le moment.