20 déc. 2010

platte, mais occupée

Depuis quelques semaines, j'ai délaissé un peu ce blogue. Pas que je n'ai plus rien à écrire ( certains pensent sûrement que je ne devrais rien écrire !! ), mais je manque de temps.

Ma vie est présentement aussi platte, pas plus, pas moins que mon ancienne vie.  Mais elle est différente.  J'ai mis ma maison en vente à la fin du mois d'août. Je l'ai fait en sachant que mon agent partait en vacances deux semaines en septembre. Mais je voulais lancer le projet.

En septembre, il y a eu quelques visites, certaines assez intéressantes, mais rien de sérieux. Puis, octobre arrive et c'est le désert. Rien. Aucune visite. Jusqu'à la fin du mois. Et dans la même semaine, une visite par jour.

Début novembre, une offre. Un peu trop basse à mon goût. Je fais une contre-offre qui est acceptée. Je dis quitter dans 27 jours. Et c'est alors que j'ai compris que pendant 33 ans dans la même grande maison, on accumule.

J'ai un peu moins de 4 semaines pour tout vider,  Meubles, décoration, souvenirs. Internet à la rescousse, j'inscris plein de choses. Mais comme je ne suis pas sur le Plateau mais à Brossard, il n'y a pratiquement pas d'acheteurs. Par chance, l'acheteur de ma maison n'a rien. pas de meubles. Il achète mes plus grosses pièces. Il ne me reste qu'à donner le reste. J'ai fait un à deux voyages par jour au Chainon et à l'Armée du Salut.

Pour aider, comme j'ai perdu du poids depuis un an, je me débarrasse aussi de la majorité de mes vêtemens. C'est une toute nouvelle vie qui commence.

Je dois rendre la maison un lundi. Le dernier voyage de déménagement s'est fait le dimanche. Je n'ai laissé que les meubles achetés par le nouveau proprio et une quizaine de sacs de vidange. J'ai conservé quelques souvenirs, ma collection de vélo miniatures, des milliers de photos numérisées et ma tête et mon coeur pleins d'anecdotes et de souvenirs des 33 ans passés dans cette maison.

Comme Denise n'y est plus, cette maison n'a plus d'intérêt pour moi. J'espère seulement que le nouveau proprio prendra soin de son jardin. Je n'en aurais pas été capable.

Comme mes cartons sont presque tous déballés, je devrais trouver du temps pour continuer à alimenter "ma vie platte".

Joyeuses Fêtes à tous mes lecteurs.

15 nov. 2010

Le bureau de poste

Fin des années quarante. J'ai trois ou quatre ans.  Mon grand-père est maître de poste et mon père est son adjoint.

Lorsque ma mère doit aller faire des courses, elle me dépose au bureau de poste et toutes les employées s'occupent de moi. Je me souviens de Mlle O'Farrell, une "vieille fille" qui m'aimait bien.

Au bureau de poste j'ai appris à oblitérer les lettres avec un petit marteau et un tampon d'encre. Plus tard, les machines sont arrivées et j'ai appris à placer les lettres dans la machine. C'est sans doute la raison qui a fait que j'ai été très bon avec les cartes perforées de l'informatique. ( C'était bien avant les disquettes ou les CD ).

Un jour, les calculatrices mécaniques sont arrivées dans le bureau.  Je revois encore mon grand-père qui était habitué à faire les sommes des chiffres des bordereaux.

Il pouvait additionner 8 colonnes de chiffres, sans erreur. Un jour, il est à coté de la secrétaire qui saisit les chiffres à la calculatrice. Il regarde défiler les nombres par dessus son épaule. Lorsqu'elle faite le total, il lui dit: "Recommences, tu as fait une erreur". Ce qu'elle fit. Il avait raison.

Mon père était un peu déficient. Il ne faisait que 6 colonnes. Quant à moi, j'utilise la calculette pour deux nombres plus grands que 5 !!!

2 nov. 2010

De l'élevage des enfants

J'ai quatorze ou quinze ans. Je suis étudiant au collège privé et je n'ai pas d'argent.

Pour me faire un peu d'argent de poche, on prend les lisières de tickets d'autobus qui comportent 5 tickets et on es découpe en 6. On gagne ainsi 20 % et c'est pratiquement indétectable par le chauffeur. Mais ça ne rapporte pas beaucoup.

Ma soeur a une amie qui habite à quelques rues de la maison, dans le "lower downtown " Outremont, Querbes et Laurier.  Cette amie a deux soeurs, une plus jeune et une plus vieille qui a neuf ans.

Le père est professeur d'université et la mère travaille pour une grande compagnie. Leurs trois filles sont des monstres et ils on de la difficulté à trouver de gardiennes. À cete époque, un gardien de 14 ans, ce n'est pas courant. Mais, on accepte de me prendre car il n'y a pas d'alternative.

Je me rends un premier soir pour garder. Les parents quittent vers 19:30 et prévoient revenir vers 23:30. À 20:00, dodo pour toutes les filles. Vers 20:45, les 3 se lèvent et veulent regarder la télé. Je ne veux pas mais ça semble difficile. Elles ont le contrôle. Alors, je change de stratégie.

Je les invite à regarder la télé avec moi, jusqu'au retour de leurs parents. Après 1/2 heure, la plus jeune n'en peut plus et je vais la coucher.  Une demi-heure plus tard, c'est au tour de la deuxième. Au dodo. Il en reste une, la leader. Bientôt, elle veut se coucher.

Il n'en est pas question.  Elle doit rester debout avec moi jusqu'au retour des parents, ce qui avait été convenu.  Quand elle someillait sur le divan, je la réveillais. Je lui ai donné du lait et des biscuits et je l'ai forcé à regardé la télé.

Vers 11:00, avant le retour de parents, je lui ai expliqué qu'elle pouvait encore attendre l'arrivée des parents ou aller se coucher. Dans ce cas, on n'en reparlerait jamais, mais plus jamais elle ne tenerait de se lever après l'heure du dodo. Ce fut convenu et en plus, elle insisterait pour que ses soeurs fassent de même.

Quand les parents sont arrivés, je leur ai tout raconté en leur demandant de ne pas en parler aux enfants. Ce serait notre secret. Et le début de quelques années de gardiennage, bien payé et sans problèmes.

20 oct. 2010

Le chien de ma grand-mère

Ma grand-mère a eu un chien. En fait, c'est mon oncle qui s'est acheté un chien. Mais il n'était pas souvent à la maison et c'est ma grand-mère qui l'a élevé. Pas l'oncle, le chien ( l'oncle aussi, mais ce ne fut pas aussi réussi.!!! )

C'était un chien Boxer. Très enjoué. Très très enjoué. Ma grand-mère s'est retrouvé trop fréquemment seule avec le chien, l'oncle étant toujours parti ici et là. Elle n'était pas du genre à aller marcher avec le chien.

Comme elle avait une grande cour, elle laissait le chien aller jouer et faire ses besoins dans la cour. 

Jamais elle n'a élevé la voix. J'imagine que l'élevage de 6 enfants et de nombreux petits-enfants lui on été une bonne pratique.

Le chien a fini par l'écouter au doigt et à l'oeil. Elle pointait le chien et un objet, soit sa bouffe, son lit, sa balle. Et le chien savait quoi faire.

Quand le chien était dehors et qu'elle voulait qu'il rentre, elle n'avait qu'à tapoter la vitre de la fenêtre avec son ongle et le chien revenait immédiatement.

Un jour mon once a donné "son" chien et il est parti. Ma grand-mère a été bien attristée. Elle perdait un bon compagnon qui a bien meublé ses journées.

14 oct. 2010

La mémoire de René Lévesque

1970. Il y a des élections et le nouveau Parti Québecois recrute des personnes pour travailler dans les bureaux de scrutin.

Je suis à Polytechnique et je trouve des personnes bilingues pour travailler dans Laurier, comté où se présente René Lévesque. Ce comté comprend Park Exrension à Montréal, là où se retrouvent de nombreux immigrants, donc s'exprimant plutôt en anglais.

Dans le cadre de la campagne électorale, René Lévesque se présente à Polytechnique et j'ai l'occasion de le rencontrer avec un petit groupe dans le local de l'association étudiante.

Quelques semaines plus tard, quelques  jours avant l'élection, il y a un grand rassemblement au Centre Paul-Sauvé. Je suis responsable de la sécurité pour une porte d'accès à l'arrière du bâtiment. J'ai deux "bouncers" avec moi, les frères Leduc, lutteurs avec les frères Rougeau.

Il y a plein de monde au Centre et les entrées principales sont très achalandées.  Au moment de l'arrivée de René Lévesque, il est décidé de le faire entrer par en arrière, par "ma" porte.

Sa voiture entre dans le garage, il en descend, m'aperçoit et il vient me voir. "Merci Monsieur Champoux de travailler pour nous. Vous êtes bien de Polytechnique ? ".

Et quelques jours plus tard, le jour de l'élection, il est passé au bureau de scrutin, m'a serré la main et s'est encore souvenu de mon nom. On m'a dit qu'il avait une excellente mémoire des gens qu'il rencontrait. Moi, je me suis toujours souvenu de lui.

6 oct. 2010

La mini des frères Paquin.

Au début des années soixante, je suis étudiant au Collège Notre-Dame. À ce moment est lancé la nouvelle Mini Austin. C'était la Mini 850, car le moteur de la première Mini avait 850 cc.

Cette voiture était si différente qu'elle éait vendue à Montréal dans un magasin à rayons, L.N. Messier, sur Mont-Royal au coin de Papineau. Si je me souviens bien on la vendait 850 $ ou 8,50 par semaine.

Petite à l'extérieur, grande à l'intérieur, c'éait un vrai jouet, mieux qu'un scooter. Et elle fonctionnait bien l'hiver dans la neige, quand elle démarrait. C'était quand même une voiture anglaise après tout.

Les frères Paquin éaien deux confrères étudiants dont un était dans ma classe. Les deux participaient à l'orchestre avec moi. Leur père leur a aqcheté une Mini e ils venaien au Collège avec cette voiture.

On en a profité pour l'essayer et on a éventuellement placé 17 personnes à bord, incluant la minuscule valise, restée ouverte.

Dans ce temps là, on était jeune et fou. Aujourd'hui, on est vieux, et aussi fou.

16 sept. 2010

Le scooter

1963. Avec mon argent de poche, je réussis à amasser assez d'argent pour m'acheter un scooter. Usagé. 150 $. C'est un Lambretta 1958. Il est en état de marche. Mais il a besoin de soins. De la peinture, un peu de débosselage, un peu de mécanique et un nouveau silencieux.

Par chance, il y a près de chez moi un réparateur italien qui s'y connait et qui ne charge pas cher. Il trouve le grave problème qui m'avait été caché: il manque une goupille sur le volant du moteur; il ne tombera plus. 2 $. Le gars qui me l'a vendu s'en mord les pouces.

Je lis le manuel et j'ajuste la quantité d'huile. Le moteur se met à rouler mieux et sans fumée. C'est le dernier modèle à 3 vitesses. Mes amis ont tous des 4 vitesses. Mais l'accélération est bonne et ma vitesse de pointe est aussi bonne, sinon meilleure, 70 milles à l'heure ( 105 km/hre ), assez vite sur ces petites roues.

Je l'ai eu deux années. Et à la fin de chaque saison, j'ai eu un petit accident. Quilicot, rue St-Denis,  me voyait revenir et réparait la bête. Pas trop cher.

En revenant de Sorel en peline nuit, panne d'essence à Verchères. Aucune station d'essence ouverte. Mais avec un scooter, une station fermée peut dépanner. On prend toute l'essence restée dans les boyaux de la pompe et on se rend au prochain village, jusqu'à ce qu'on trouve une station ouverte.

Mon plus bel accident est digne d'un film. Je reviens d'une soirée de musique et je raccompagne mon pianiste qui tient une petite valise avec toutes les partitions. on est sur le boulevard St-Joseph. Les feux de circulation sont synchronisés. Ils ont tous de le même couleur et changent tous en même temps. Au départ de l'avenu du Parc, normalement je me rends au moins à St-Denis sur la même lumière.

Ce soir là, il n'y a personne et le taxi sur St-Laurent passe sur sa rouge alors que je roulais sans souci. Je tente de l'éviter et je touche à son aile arrière. Le scooter s'arrête. Mais mon pianiste a appris à voler, attaché à sa mallette pleine de papiers. L'inertie le fait passer par dessus moi, le taxi et il atterit dans la rue, en tenant toujours sa précieuse mallette.

Quant à moi, je fais une roulade apprise lors de mes jours d'instructeur de trampoline. Et je m'arrête à genoux sur le bord du trottoir. C'est le premier déclencheur de mes problèmes de genou.

Sauf pour le scooter, il n'y a aucun blessé.

Le scooter a été réparé. Et au printemps suivant, je l'ai vendu. 150 $. C'était le prix pour un scooter en état de marche.