31 août 2011

Vie moins platte



 Je suis moins assidu à ce blogue depuis quelque temps. C'est que ma vie est
 moins platte. Non, en fait, elle n'est pa moins platte, elle est différente.

Quand j'ai pensé que ma vie était platte, c'est que je croyais qu'il y avait
mieux ailleurs, dans les autres vies. En écrivant ma "vie platte", je me rends
compte qu'elle est moins platte que d'autres, et aussi, plus platte que d'autres.
Quand on se compare, on peut toujours trouver pire, ou mieux. Et c'est le cas de
ma vie, tant l'ancienne que la nouvelle.


Depuis la fin de l'an dernier, ma vie a pris un nouveau chemin avec une nouvelle
compagne. Vente de la maison, distribution de nombreux objets impossible à
prendre dans mon nouvel environnement, ménage dans les souvenirs, instalaltion
dans un nouveau décor, ajustements avec une nouvelle compagne, éloignement
d'anciens "amis", rencontre de nouvelles connaissances, etc.

Ma vie a donc changé. Aussi "platte" qu'avant, mais différente. Comme je
maitrise mieux mon nouvel environnement, je devrais retrouver du temps pour
écrire à nouveau sur ma vie platte.

12 mai 2011

Feu rouge en Italie.

Je suis allé en Italie quelques fois. Une fois, pour un voyae en Toscane à vélo. Deux fois auparavant, en voiture.

Les italiens conduisent tous comme Fangio. Ils ont de petites voitures avec de petits moteurs et ils les poussent au max. Pour un nord-américain, on en vient à croire que tous les panneaux de signalisation que l'on voit ne sont que des suggestions. De même, les lignes sur la chaussée. S'il y a des ligne pour deux voies, mais que les voitures sont petites, pourquoi ne pas en former trois, ou quatre!!!
Au début, c'est difficile à comprendre, mais on s'y fait.

Un soir, je ramène mon fils à son logement et je m'arrête au feu rouge. Mon fils me dit que c'est dangereux.  En effet, durant le jour, les automobilistes vont observer le feu rouge, surtout s'il y a du trafic.
Mais en soirée, sans trafic, ce n'est qu'une suggestion. En m'arrêtant, je risque de me faire entrer dedans par quelqu'un qui me suivrait. Je n'y crois pas mais je passe le feu.

Au retour, il y a un feu rouge. Je m'arrête, par réflexe. Et je me fais interpeller par la police. Mon italien n'est pas très bon, disons inexistant. Mais je comprends que je suis suspect, m'ayant arrêté là où normalement on aurait passé sur le feu rouge.

Il regarde mon permis du Québec, et il trouve que ce sera beaucoup de travail que de m'amener au poste et trouver un interprète. Il me fait comprendre d'y aller et de faire attention. Pas au trafic, mais aux policiers.

3 mai 2011

Retour en arrière

En 1957, John Diefenbaker forme un gouvernement minoritaire. Les conservateurs
sont au pouvoir, mais pas tout à fait. En 1958, il revient au pouvoir avec une
de plus grandes majorités jamais vues à ce moment. Parmi les faits d'armes de ce
gouvernement, il annula le développement et la production du Avro CF-105 Arrow.
"Le Arrow était un avion de chasse technologiquement avancé pouvant atteindre
des vitesses supérieures Mach 2, construit par A.V. Roe Canada (Avro) à Malton,
en Ontario (à l'ouest de Toronto). 40000 emplois directs et indirects furent
perdus. Le Canada, de ce fait, qui avait toutes les cartes pour devenir leader
mondial en aéronautique, redevint dépendant dans ce domaine. Après avoir annulé
le projet, le gouvernement canadien acheta des missiles Bomarc et des
intercepteurs F-101 Voodoo, tous usagés, aux Américains, pour défendre le Canada
dans l'éventualité d'une attaque de bombardiers nucléaires soviétiques en
provenance du Nord." (tiré de Wikipedia)

Durant cette période, nous habitions à Sorel et mon père qui avait été
fonctionnaire ( maître de poste ) a quitté son emploi pour devenir courtier
d'assurances. Tout allait bien, mais avec les conservateurs au pouvoir, il
constatait que l'emploi à Sorel serait gravement touché: les chantiers maritimes
allaient commencer à péricliter et éventuellement fermer.

À cause de Diefenbaker, on a donc quitté Sorel pour venir nous établir à
Montréal.  Et notre vie ne fut jamais la même.

Aujourd'hui, 2 mai 2011, Harper devient premier ministre d'un gouvernement
conservateur majoritaire. J'ai 65 ans et j'ai peur. Pas une peur maladive mais
des craintes de me voir reculer en 1959 avec les décisions de ce gouvernement.
Sur le registre des armes à feu, sur l'environnement, sur la culture, sur le
financement de Radio-Canada.

Je crains pour la suite. Comment un Harper peut-il avoir une majorité en faisant
une campagne sans répondre aux questions des journalistes? Son lieutenant
québecois est Paradis. C'est tout dire et je crains.

Ma vie ne sera pas aussi "platte" dans les prochains moois, mais je m'en
passerais bien.

Vivement les prochaines élections, en octobre 2015. Il faut que je dorme d'ici
là.

30 mars 2011

Rome, la suite

Septembre 1999. Je travaille en Allemagne et je dois rejoindre mon groupe de cycliste à Rome pour 09:00 le matin. Le groupe arrive dans un aéroport secondaire et mon vol arrive de Berlin à l'aéroport principal, à 22:30, le vendredi soir.

Je n'ai aucune réservation et je m'informe pour une chambre auprès du guichet de l'aéroport. On me dit qu'il n'y a rien à moins de 100 km de Rome.

Je décide de prendre le train et de me rendre au centre de Rome. Il y aura sûrement un hôtel autour de la gare.

Hélas, il n'y a rien. Il fait chaud. Je suis déguisé en homme d'affaires, chemise, cravate et veston.  Denise ne veutpas coucher sur un banc de parc. Alors, je laisse Denise sur le parvis de la gare, avec les valises et mon veston. Je suis en nage. Je pars à la recherche d'une pension, d'un hôtel, d'un gîte, tout sauf un banc de parc.

À Rome, plusieurs hôtels se trouvent dans les édifices commerciaux, aux 2ème et 3ème étages, sinon plus haut.  J'en repère quelques uns, mais c'est complet partout et on ne peut m'indiquer d'autres endroits.

En marchant, je croise une rue et je vois une marquise illuminée et une limousine à l'entrée. Je m'approche. C'est un hôtel. J'entre.

Je demande au préposé, un jeune homme, s'il a une chambre. Il me toise, moi, sans baggages, en chemise mouillée de sueur. (Je me sens comme le gars dans une annonce d'American Express) Il me dit qu'il lui reste une chambre, une suite ( 450 $ la nuit ). Sans la voir, je lui dis que je la prends. Je dépose ma carte Visa Platine pour la payer et lui dit que je reviens dans 15 minutes avec femme et baggages. Ce que je fais.

À mon retour, il est passé minuit et c'est un autre préposé, un vieux monsieur. Je lui dis que j'ai une chambre et il ne veut pas me croire ( on n'héberge pas de clochards ici ). Heureusement, le jeune préposé était dans le bureau, en train de revêtir son habit de moto. Il l'informe que tout est correct et que j'ai une chambre, pardon une "suite".

On se dirige vers la "suite".  C'est une belle petite chambre. Il y a 40 cm tout autour du lit, une belle salle de bain avec télé-couleur et téléphone. Très correct pour dormir. Mais pas très grand. Il y a quand même des chocolats sur l'oreiller.

Je décide de prendre une douche. Il fait très sombre dans la douche et je veux allumer un peu plus. Il y a une corde qui pend du plafond. Je tire pour allumer la lumière. Rien ne se passe, sauf dans ma tête. J'ai actionné l'alarme. J'avise Denise que le téléphone va sonner. Quelques secondes plus tard, le téléphone sonne. On répond à l'alarme. Je m'explique. J'ai ri, pas eux.

Le lendemain, on se lève et on va au petit déjeuner, quand même compris avec la "suite". On nous propose toutes les spécialités italiennes, délicieuses. Et le café. Au lait. Excellent.

On quitte pour l'aéroport. Je demande comment m'y rendre en métro. Personne ne peut me renseigner. Cet hôtel ne fait pas métro, seulement taxi ou limousine.

On trouve le métro, on se rend à une station et on y prend un bus qui nous amène à l'aéroport. On ne trouve pas notre rendez-vous car ils se sont fait voler le camion. Mais ça, ce sera une autre suite de l'histoire.

28 mars 2011

Carlo, le chien de ma tante Irène

Fin des années 40. J'ai entre 4 et 6 ans. On habite à 3 maisons de  la maison de mon grand-père. Ma tante y habite avec sa famille pour prendre soin de sa mère.

Ma tante possède un chien. Un croisement entre un collie et quelques autres races. C'était un chien très intelligent, du moins pour l'enfant que j'étais.

Dans la maison, sur les planchers, il y a des carpettes et des tapis. Pour simplifier le ménage, le chien n'a pas le droit de passer sur les tapis. Il doit toujours marcher sur le parquet de bois. Si, dans une pièce, le tapis couvre tout le plancher, le chien n'y entre pas. Je ne l'ai jamais vu marcher ailleurs que sur le bois ou sur le linoléum de la cuisine. Il était bien dressé.

À quelques coins de rue de la maison, il y a le "dépanneur". À ce moment, le mot n'existait pas encore. C'était une petite épicerie de quartier qui vendait de tout, les journaux, les bonbons "à la cenne", les conserves, le pain, etc. Un vrai dépanneur.

Lorsque ma tante avait besoin de quelques chose, le journal, 2 tomates ou une salade, elle téléphonait et envoyait le chien.

Le chien, Carlo, connaissait la routine. Ma tante lui disait: "Va chez Chevalier" et le chien s'y rendait. Les produits étaient mis dans un sac en papier brun et on lui mettait dans la gueule. Il revenait à la maison avec les courses.

Hélas, il ne savait pas se servir de la carte de guichet ou de son NIP. Ça n'avait pas encore été inventé. Alors, on "marquait" et ma tante passait payer une fois la semaine. Dans le temps, on n'était pas un numéro. On était quelqu'un, ... avec un chien.

14 mars 2011

Le Belge de Pékin

Début juin 2004, je suis à Pékin pour une deuxième fois. On doit y passer une semaine, après avoir passé une semaine dans une petite ville de province ( un peu moins de 4 millions d'habitants).

Nous y sommes pour l'adoption d'un enfant. Durant le processus, on doit visiter les sites "standards" pour comprendre la Chine: la Cité Interdie, le Palais d'été, La Grande Muraille, Le Temple ..., Le Jardin ..., etc.

Évidemment, on nous amène dans des restaurants chinois ou nous mangeons toutes les spécialités. Très bon pour un amateur comme moi. Mais c'est toujours dans de grands restaurants très éclairés et très bondés et animés. Il est bon de décrocher à l'occasion.

Un jour, en autobus, la guide nous indique une série de magasins et elle nous indique un restaurant européen.  Le soir même on en profite pour décrocher de la Chine et revenir "à la civilisation ;-))". On a résisté au McDo et au PFK de Pékin. Mais un resto avec de la nourriture que l'on connait, ça nous plaisait beaucoup.

On s'y rend donc et, surprise, l'hotesse chinoise nous reçoit en nous parlant une excellent français avec un accent franco-belge. Elle est demeuré une dizaine d'années à Bruxelles. Le menu propose différents plats d'influence belge. J'ai pris les steak frites qui était excellent. Accompagné de vin français, assez rare en Chine.

Évidemment, le prix était européen et non chinois. Mais ce resto en vaut la peine. 

Si vous passez par Pékin, il se nomme Morel ( du nom de la bière Belge du même nom et disponible sur place ). Il est situé face au Stade des Travailleurs ( Worker's Gymnasium ), dans le Nord-Est de la ville, à distance de marche de notre Hotel, le Swissotel.  Et tout à coté, il y a un grand mgasin pour touristes où vous pouvez acheter le grandes marques ....  du moins leur copie. Et la valise qu'il vous faudra pour ramener vos achats.

22 févr. 2011

Québec - Brossard à 140

1984.

J'habite Brossard et j'ai un contrat à Québec.  Je passe mes semaines dans un appartement à Québec et je reviens à Brossard les fins de semaine. Quelques fois un aller-retour en semaine.

D'ailleurs, au cours de l'été, ma famille est venue habiter à Quebec, Ste-Foy pour être plus précis. Mais comme on n'était pas de vrais résidents, il n'était pas possible pour mon fils de jouer au soccer à Ste-Foy.  Alors, il était inscrit à Brossard.

Il jouait deux parties par semaine. Si les parties étaient deux jours consécutifs, Denise se rendait à Brossard pour les deux jours et revenait apès la deuxième partie.

Quand les jours n'étaient pas consécutifs, on partait vers 16 heures, la partie était jouée et on revenait en soirée. Deux fois dans la semaine. On apprend la 20 par coeur.

À l'automne, je passe la semaine à Québec et je dois revenir pour souper le vendredi. Je pense quitter en début d'après-midi pour être à la maison au retour des enfants de l'école.

Mais, le sous-ministre convoque une réunion à laquelle je dois assister. Et la réunin s'éternise. Je quitte à 17:10.  Le cellulaire n'existe pas et je téléphone avant de partir. Je demande à Denise de m'attendre pour le souper. Elle n'en croit rien. Je pars immédiatement.

Sur la 20, dès que j'ai passé le pont Laporte, je m'installe à gauche et je file.  J'ai alors une Camry 1983. Il ne montre qu'un maximum de 140 km/hre. L'aiguille y a été collée pratiquement durant tout le parcours. Pourtant, le compte-tours fluctuait souvent.

Habitué de cette route, je connaissais les deux pièges à radar et je les ai passé derrière un petit lapin ( Rabbit ), trop heureux d'en montrer à une Camry.

Je suis entré à la maison vers 18:35. Le souper était encore chaud et tous m'attendaient, plus tard.

Dans ce temps, j'étais jeune et fou. Je suis maintenant, vieux,  et toujours fou.